Les intuitions doivent être nourries de données concrètes.
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Directrice générale de Maje, Elina Kousourna fait du contrôle de gestion et du pilotage du stock le cœur de sa méthode. Entretien sur la donnée qui éclaire la décision, la désirabilité de la marque et le pari de la RFID.
« Le pôle finance, c'est une boussole, les gardiens du temple. »
Qu'est-ce que le pôle finance apporte concrètement à la prise de décision dans l'entreprise ?
EKLe pôle finance est vraiment mon bras droit dans la prise de décision. Je le considère comme une boussole, les gardiens du temple. Ce département aide à factualiser les sujets et à prendre des décisions sereinement.
Ce qui est intéressant, c'est la pluralité des rôles qu'il peut jouer. Il peut être à l'origine d'une alerte, détecter des anomalies ou des points qui dévient de la tendance globale grâce au cycle mensuel des clôtures. Mais il peut aussi accompagner d'autres départements qui ont eux-mêmes identifié un sujet, afin de les aider à l'analyser.
Son rôle le plus précieux, c'est d'avoir une vision d'ensemble. Nous avons de nombreux départements avec chacun son propre périmètre. Si l'on ramène tout au P&L (Profit & Loss), certains sont responsables d'une ligne, d'une demi-ligne, d'un quart de ligne… Mais le vrai enjeu se joue quatre lignes en dessous, là où s'imbriquent de nombreux facteurs. C'est précisément pour cela que le contrôle de gestion est si important.
Quels sont les indicateurs clés regardés côté CDG / côté stock ?
EKIl y a énormément d'indicateurs. Tout d'abord le chiffre d'affaires, que je suis chaque semaine avec les équipes merchandising et digitales par canal, et toujours sur des périodes comparables. Par exemple, si une promotion démarre un jeudi cette année et un mercredi l'an dernier, on compare le premier jour au premier jour. Le rôle du CDG est de maintenir cette rigueur de comparaison pour offrir une prise de recul.
On suit ensuite tous les ratios de profitabilité : notre marge brute, notre MCD (marge sur coût direct), notre EBIT (Earnings Before Interest and Taxes) et l'ensemble des coûts. L'enjeu, là aussi, est de les ramener à un périmètre comparable afin de suivre les évolutions, d'autant que nous avons beaucoup de mouvements dans notre parc de magasins.
Le stock est également un domaine que je suis de très près. Je m'intéresse au niveau global de stock, sa composition selon les périodes, et surtout la qualité de ce stock : est-ce qu'il nourrit notre top line sans sacrifier notre désirabilité ? Il est facile d'inonder le marché avec du stock pour faire du volume, mais ce n'est pas notre ambition. Et bien sûr, le taux d'écoulement (sell-through) est un indicateur central pour la santé du business.
Décisions guidées par la data, équilibre entre court et long terme, enjeux du CDG et du stock, et le pari de la RFID : retrouvez l'intégralité de l'échange avec Elina Kousourna.
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