Édition pilote — Juillet 2026 N° 004
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Financial Maje

Le journal interne de Finance Stock



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Rubrique · Actus Maje

Le backstage du Pôle Stock

Le pôle Stock face au marché : la démarque inconnue qui reflue, le redressement spectaculaire de SMCP en 2025, et le modèle Sézane comme nouvel étalon du premium. Trois lectures pour situer Maje dans son cycle 2026.

01 Stock · Démarque inconnue

Une démarque inconnue en repli sur les deux derniers exercices

La démarque inconnue est identifiée grâce aux inventaires réalisés sur les points de vente. Elle correspond aux écarts constatés entre le stock théorique et le stock réel, sans que l'origine puisse être formellement identifiée. Elle désigne donc l'ensemble des pertes non tracées, pouvant provenir de vol, d'erreurs opérationnelles ou d'une mauvaise gestion de stock.

D'un exercice à l'autre, la tendance est encourageante : la démarque recule en valeur comme en volume. En 2024, elle représentait −1 350 951 €, soit 6 082 pièces. En 2025, elle s'établit à −1 159 532 €, soit 5 235 pièces — près de 850 pièces et 190 000 € de moins en un an.

−1,35 M€
DI 2024 · 6 082 pièces
−1,16 M€
DI 2025 · 5 235 pièces
−14 %
Évolution de la valeur sur un an
Taux de démarque inconnue par pays
2024 2025
Taux de DI en % du stock · Maje France & Europe · source inventaires points de vente

Dans la plupart des marchés, le taux de démarque s'améliore d'une année sur l'autre, à l'image de l'Allemagne, de la Norvège ou du Royaume-Uni. Quelques pays font exception et appellent à la vigilance, notamment la Suède et le Luxembourg, où le taux progresse en 2025.

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02 Marché · Groupe SMCP

SMCP face à 2026 : entre discipline financière et demande atone

Après un net redressement de sa rentabilité en 2025, SMCP aborde 2026 avec prudence, dans un environnement de marché toujours contraint pour l'habillement. Le groupe anticipe une année de consolidation, marquée par une croissance limitée mais une poursuite de l'amélioration des marges.

SMCP a renoué avec la rentabilité en 2025

Une activité en légère progression. Sur l'exercice 2025, SMCP enregistre un chiffre d'affaires de 1 217 M€, en hausse de +1,7 % en organique par rapport à 2024. Cette progression limitée reflète un environnement de consommation encore contrasté, notamment sur certains marchés internationaux et dans le secteur du prêt-à-porter accessible.

Une rentabilité en forte amélioration. Le principal fait marquant de l'exercice réside dans le redressement significatif de la profitabilité. L'EBIT ajusté atteint 95 M€, contre 53 M€ en 2024, soit une progression de +80 %.

1,22 Md€
CA 2025 · +1,7 % organique
+80 %
EBIT ajusté · 95 M€ vs 53 M€
17 M€
Résultat net · vs −24 M€ en 2024

Cette performance traduit l'efficacité des leviers activés par le groupe :

  • Politique de prix plus stricte (full price) et réduction des promotions, visant à restaurer les marges et l'image de marque.
  • Optimisation du réseau de distribution, avec une attention accrue portée à la performance des points de vente.
  • Discipline financière renforcée, notamment sur les coûts et les investissements.

En conséquence, SMCP affiche un résultat net positif de 17 M€, contre une perte de −24 M€ l'année précédente, marquant ainsi un retour au bénéfice.

Une visibilité encore réduite sur la croissance, mais la rentabilité au cœur de la stratégie

Les premiers signaux de 2026 confirment un environnement commercial difficile. Au premier trimestre, SMCP a enregistré un chiffre d'affaires de 287 M€, en léger recul organique de −0,8 %, pénalisé notamment par une chute de −13 % en France, son marché historique.

Cette faiblesse s'inscrit dans une tendance sectorielle plus large : en 2026, la croissance de l'habillement devrait rester faible, de l'ordre de quelques points, sous l'effet de la pression sur le pouvoir d'achat, d'une inflation persistante et d'un arbitrage croissant des consommateurs en faveur de produits moins chers ou d'expériences.

Le positionnement stratégique de SMCP s'aligne avec les mutations du secteur. En 2026, le marché de la mode se polarise entre :

  • d'un côté, les enseignes d'entrée de gamme, tirées par la recherche de prix bas ;
  • de l'autre, les marques premium, capables de justifier leurs prix par la désirabilité et l'image.

Dans cet environnement, le groupe cherche à renforcer sa place sur le segment accessible premium, en limitant les promotions et en contrôlant davantage sa distribution. La réduction du parc de magasins (fermetures ciblées, notamment aux États-Unis et en Europe) et le développement via partenaires illustrent cette volonté d'optimiser le réseau plutôt que de l'étendre.

« Moins de volume, plus de valeur : la stratégie poursuivie par le groupe sur 2026. »

Au sein du portefeuille de marques SMCP, Maje apparaît particulièrement bien positionnée pour cette phase. Au premier trimestre 2026, la marque affiche une croissance de +5 %, contrastant avec le recul de Sandro à −1,4 % et des autres marques (Claudie Pierlot et Fursac) à −15,1 %. Ce profil s'explique par :

  • un positionnement plus premium que par le passé ;
  • une moindre dépendance aux volumes promotionnels ;
  • et une capacité à soutenir le prix moyen.

Dans un marché où la demande se fragmente, Maje bénéficie d'un alignement naturel avec la stratégie « moins de volume, plus de valeur » poursuivie par le groupe.

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03 Marché · Modèle disruptif

Sézane, étalon du modèle mode en 2026

Longtemps perçue comme une success story de la digital native brand, Sézane s'impose désormais comme un véritable étalon du modèle mode en 2026. Dans un secteur fragilisé par la volatilité de la demande, la pression promotionnelle et la montée des pure players ultra-fast fashion, la marque française affiche une trajectoire inverse : croissance continue, rentabilité préservée et désirabilité intacte.

Son modèle repose sur une logique digital-first, structurée autour de drops limités et d'une rareté maîtrisée, complétée par un réseau physique sélectif (les fameux « Appartements »). Cette organisation permet un pilotage précis de la demande et limite fortement les invendus.

  • Marges protégées Absence structurelle de surstock et faible recours aux promotions et soldes : préservation du prix plein et de l'image de marque.
  • Désirabilité mesurable Fortes tensions sur certaines pièces et valorisation élevée en seconde main, signe d'un capital marque solide.
  • Maîtrise du stock Le modèle drop aligne mécaniquement production et demande — l'inverse d'un modèle saisonnier classique.

Dans un marché premium en mutation, le modèle Sézane interroge l'ensemble du secteur : faut-il moins produire pour mieux vendre ? La question, longtemps théorique, devient un sujet de pilotage concret pour les directions stock et finance.

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